mercredi, 12 juillet 2006
Psychologie des groupes / Psychologie du développement.
Raaah l’adolescence, l’été, la drague sur la plage… C’est que’qu’chose.
Exemple avec une troupe de jeunes garçons observés hier, dans leur vivier naturel, auprès d’un petit lac artificiel (fort rafraîchissant au demeurant).
Les protagonistes :
Garçon n°1 (G1) : bronzé, musculature naissante genre « moi je fais des pompes », bruyant, 15 ans environ.
Garçon n°2 (G2) : Même morphotype, coupe de cheveux étrange (très rasé au dessous, plutôt long au dessus).
Petite garçon n°3 (PG3) : Plus petit que les deux autres (comme l’indique son nom, PG3), un peu rondouillard, beaucoup d’hématomes sur les jambes. Le souffre-douleur.
Fille blonde (FBL)
Fille brune (FB)
FB étrangère 1 (FBE1)
Fille brune étrangère 2 (FBE2).

Ils étaient là, tous les 5 (G1, G2, PG3, FBL et FB), à quelques mètres de nous. Et vas-y que ça parle fort, et que ça fume… La cigarette (roulée, of course) tourne de mains en mains. « Putain faut que machine me rende mon mp3, y’a des trucs trop bien dessus ». Les filles réajustent régulièrement leur haut de bikini. Elles décident de s’éclipser. Pendant ce temps, G1 et PG3 vont dans l’eau pour se lancer une petite balle. Evidemment, G1 en profite pour faire étalage de sa force carrément over-incroyable ! Il se moque régulièrement de PG3 qui, selon lui, est un petit chien qui va chercher la balle. PG3 garde pourtant le sourire (il doit être très fière de traîner avec G1).
Ensuite, les deux énergumènes sus-cités investissent la pelouse (où nous lézardons tranquillement). G1 nous montre alors un de ses (multiples, sans doute), talents : le football ! Le seul lézard dans le potage, c’est qu’avec une petite balle de la taille d’une balle de tennis, jongler devient très difficile. Les vacanciers s’en prennent plein la poire (nous y compris). Une pauvre femme voit même contrainte de leur renvoyer la balle qu’elle a reçu en pleine face ! G1 en profite pour afficher sa supériorité sur PG3 : « va chercher la balle dans l’ruisseau, jte dis, allez ! ». Lorsque les mots ne suffisent pas, les coups de pieds les remplacent allègrement. « Putain, t’es vraiment un pédé, t’ose pas aller la chercher dans le ruisseau ». PG3 doit avoir un gros problème avec les homosexuels, puisqu’il ne cesse d’affirmer que les autres sont des « pédés » et que lui n’en est pas un. Arrêtez moi si jme trompe, M’sieur mon prof de psycho du dèv’, mais i’ m’semble bien que plus on affirme « que l’on est pas quelque chose » plus on se pose en réalité des questions sur cette chose. Parenthèse psychologie du développement terminée.
G2 se joint à la fête pour tapoter lui aussi à la baballe. Soudain, grande question de G1 : « dis, tu crois qu’avec le tibia jpeux péter cte branche » ? Evidemment, c’est PG3 qui tient la branche verticale près de son pied. G1 n’arrive bien évidemment pas à casser la branche, mais il parvient à coller un bon coup de pied à PG3. S’en suivent des rires bien gras, évidemment.
Et là attention, mesdames-et-messieurs, les filles attaquent !
On les avait repéré : FBE1 et FBE2, étrangères au groupe, mais néanmoins intéressées. Ca fait un moment qu’elles les fixent du coin de l’œil, à distance. C’est FBE1 la première qui lance l’assaut : « ouais vas-y vous z’auriez pas une clope ? » « ouais mais c’est des roulés » « ouais okay » « ah il vous en faut deux ? putain deux clope à rouler… ». Pendant ce temps, PG3 (sûrement trop timide pour aborder des filles) est retourné à l’eau. A un moment, G1, mu par on ne sait quelle force invisible (enfin, sûrement mu par sa quantité élevée de testostérone, en fait), descend dans l’eau pour se jeter sur PG3, qu’il fait mine de noyer. Une manière élégante et discrète de montrer qui est le plus fort.
FBL et FB rappliquent. « Salut ». Leur salut aux deux filles étrangères est distant (rendez vous compte, FBE1 et FBE2 viennent chasser sur leurs terres !). « Oh putain mon maillot de bain il est trop petit, on voit tout mon cul » ! Evidemment G2 ne se gêne pas pour vérifier « nan, nan, ça va en fait ». Toute cette joyeuse troupe (après avoir crapoté une éternité) se jette à l’eau. Premiers contacts physiques : FBE1 s’agrippe aux épaules de G2, FB reste elle un peu en retrait « Elle est trop froide ! » (l’eau, pas la fille).
PG3 est sorti de l’eau. G1 , G2 sont dans l’eau et s’amusent à lui jeter la balle. Le vieux monsieur d’à coté s’en prend une dans le dos. C’est un peu trop pour nous. On plie bagage. Alors que je me penche pour ramasser ma serviette, je me prend la balle dans le dos.
« Tu diras à tes copains d’arrêter, okay ? Parce que je pense que les gens en ont un peu marre de se prendre des balles dans la figure. Je t’engueule pas toi en particulier, mais dis le à tous tes potes ».
« Tu sais, on a été ado aussi… »
La balle, sûrement envoyé par G1, atterrit à nouveau sur ma serviette. « Putain les gars, arrêtez ! » dit PG3 qui ramasse la balle et nous tend la serviette. Il fait le moins le fier.
Dans l’eau, ses copains rigolent « Ahhhh t’es qu’un lèche-cul ! ».
Les filles doivent sûrement être impressionnées par toutes ces paroles et ces actes de domination bourrés de philosophitude !
16:10 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Hm. Juste pour dire que j'ai tout lu et que c'est, ma foi... Très véridique. Ça m'énerve les ptits mecs à la recherche de leur virilité ! [Et puis les filles n'en parlont pas, j'crois qu'ça m'énerve encore plus que les mecs ^^]
Ecrit par : Zoo | jeudi, 13 juillet 2006
c'est très bien retranscrit, je m'y voyais en direct ;o)
Ecrit par : speedy80 | vendredi, 14 juillet 2006
Je dirais en langage clair et précis: C'EST TROP BON!
Merci, vraiment, je m'ennuyais un peu (j'avoue) et lire ça m'a vraiment fait passer un moment délicieux...
C'est en même temps désespérant et à pleurer de rire... Une analyse des plus... arff je trouve pas le mot, mais C'EST TROS BON!
Ecrit par : lujeni | samedi, 15 juillet 2006
La cigarette (roulée, of course) tourne de mains en mains.
> t'es sure que c'était une cigarette? ;)
Ecrit par : Sad Song | lundi, 14 août 2006
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