lundi, 17 avril 2006
Mercredi 15 mars
Mercredi 15 mars
J’étais dans le 28 tout à l’heure quand une petite troupe de 5-6 enfants est rentrée. Ils devaient avoir entre 6 et 8 ans et vraisemblablement ils venaient d’un centre aéré parce qu’ils étaient encadrés par une nana qui n’était guère plus âgée que moi. Dans la petite troupe il n’y avait qu’un seul garçon : tout de suite, j’ai repéré que c’était un sacré zouave ! Vas-y que je pique le billet de bus de ma copine, et vas-y que j’ feins de lui donner une petite tape sur la joue, et vas-y que je parle plus fort que tout le monde. A un moment où il se chamaillait avec une petite fille du groupe, il s’est approché de l’anorak de celle-ci et l’a mordu. « Mais euh t’as pas l’droit d’manger mon manteau ! » « Ahah ! C’est trop tard regarde, y’a ma salive sur ton manteau, ça y’est, t’es infecté par le virus ! T’es infecté par le H5N1 ! » Puis quelque secondes plus tard « Ah mais non, c’est bon, t’inquiète, j’suis pas un poulet ». J’avoue que j’ai eu bien du mal à réfréner mon rire !
Le bus c’est une sorte de laboratoire vivant. A l’intérieur on peut avoir une vision assez complète des interactions sociales entre nous, les humains. Y’a différents types d’individus qui entrent dans le bus. Par exemple, y’a ceux qui baissent les yeux pour éviter de saluer le chauffeur ou ceux qui courent après le bus, les joues toutes rouges, le souffle court. Lors d’un trajet en bus il y a également toujours un passager qui connaît le chauffeur « Salut mon vieux Samir ! Comment ça va ? » « Ca va bien, merci ! Et toi, quoi de neuf ? » Les gens disent tous ça quand ils se voient : « quoi de neuf ? ». C’est d’une banalité affligeante ! Moi, quand on me demande « quoi de neuf », et bien il y a 90% de chance pour que je réponde « Oh, bah… rien de spécial ». Avoue que c’est une réponse on ne plus expressive. D’ailleurs, les gens qui me demandent « quoi de neuf ? », généralement, on ne peut pas dire qu’ils attendent ma réponse avec une excitation incroyable. Je pourrai bien ne rien répondre à leur « quoi de neuf », parce que j’ai bien souvent l’impression que mon interlocuteur n’écoute pas ce que je dis.
Bon, revenons à notre bus. Il y a aussi les personnes qui écoutent leur walkman trop fort. Etonnamment, je n’aime pas spécialement ces personnes. Encore plus étrange, les gens qui poussent le volume un tantinet trop fort n’écoutent jamais (mais alors jamais !) une musique que j’aime. Si encore ils alimentaient leurs oreilles avec les Beatles ou les Dire Straits, je tolérerai les décibels ! Mais là, franchement, une affreuse musique commerciale au rythme répétitif et au thème éculé (au choix : l’amour (comme c’est émouvant !), les filles (si possible en minijupe), les flics (bouh les vilains !) et autres sujets tous plus bouleversants, émouvants, surprenants les uns que les autres !), non merci…
Dans le bus on trouve aussi des mamans avec leurs poussettes (et, accessoirement, leurs enfants (qui sont dans les poussettes, tu auras compris)). Comme je les plains ces mamans ! Le pire, c’est quand il s’agit de grimper dans le bus : le plus souvent, les roues arrières restent bloquées dans l’espace entre le bus et le trottoir. Il s’agit alors de hisser la poussette avec difficulté, avec l’aide de quelques passagers dévoués et compréhensifs. Une sacrée manœuvre, en somme…
Je crois que je vais en arrêter là avec cette liste de spécimens qu’on peut trouver dans le bus (il est étonnant de constater, à ce propos, à quel point j’aime faire des listes), parce que dans le bus il y a aussi tout un tas de gens normaux qui seraient atrocement ennuyeux à décrire.
Comme moi.
PS : il semblerait que j’ai une fois de plus dépassé allègrement (ou dans l’allégresse ?) le quota de 5 lignes par jour. Mais j’aime assez écrire ces quelques bribes de pas grand chose dans ce pseudo journal. Ouais, tu m’plais pas mal, toi.
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